De la fiche de Gravereaux à la fiche informatique

Jules Gravereaux avait défini ainsi l’objectif de sa Roseraie : « nous avons composé cette grande collection dans le but d’en faire une classification nouvelle dans laquelle nous rapporterons, autant que possible, les hybrides ou métis à l’espèce  -type   ou variété   dont ils dérivent et avec lesquelles ils semblent avoir le plus d’affinités. »

La fiche de Gravereaux

Jules Gravereaux se passionne ainsi pour la description et l’identification de ses rosiers. Sur le terrain, chaque rosier reçoit un bracelet de plomb numéroté et une étiquette de couleur différente selon sa race. Un fichier constitué de fiches cartonnées, régulièrement mises à jour, permet d’accéder, d’une part, à chaque pied grâce à un plan de plantation et, d’autre part, à chaque espèce   ou variété   classée selon l’ordre alphabétique des noms.

 

L’analyse de ses observations l’entraîne à proposer une méthode de reconnaissance et d’harmonisation pour décrire le plus précisément possible ses rosiers, publiée dans Le Manuel de description des rosiers cultivés à la Roseraie de L’Haÿ de 1905. Et comme un bon dessin vaut mieux qu’un long discours, il publie quatre planches botaniques pour la description relative aux aiguillons, à la forme des fleurs, des fruits et du feuillage.

 

Il présente également un travail inédit sur les couleurs des rosiers afin que l’on s’accorde sur une description normalisée. Les tons infinis de roses sont résumés dans un nuancier composé de bandes de couleurs dégradées, neuf jaunes, neuf saumonées, neuf roses et neuf rouges. [...] Ce travail, conçu à l’origine comme un guide à l’usage interne de la Roseraie, fait preuve d’une telle pertinence et répond à un tel besoin d’harmonisation commun à tous les professionnels qu’il sera adopté comme référence par la [...] SNHF et la Société française des rosiéristes.

La fiche informatique

Ce souci d’exhaustivité des collections et de taxinomie restera au centre des préoccupations de son nouveau propriétaire, le département du Val-de-Marne. Ainsi, pour continuer à référencer, classifier et décrire les variétés conservées à la Roseraie, ce dernier a décidé en 1990 de réaliser un catalogue informatisé des collections.

 

- Première application : 1990
Cette application spécifique développée par la DSI (Direction des Services Informatiques) était la première traduction informatique des informations contenues à l’origine dans les fiches de Jules Gravereaux. Elle assurait la gestion des variétés et de leur localisation grâce à un programme fonctionnant en mono-poste sur un ordinateur Bull Questar.

 

- Deuxième application baptisée « Roses » : 1994
Application mono-poste spécifique, développée par la DSI en Windev, elle apportait de sensibles améliorations fonctionnelles et ergonomiques. Elle gèrait :
> la description des variétés, des synonymes et des récompenses attribuées aux variétés à l’occasion des concours nationaux ou internationaux
> la localisation des variétés dans le jardin (au niveau des emplacements)
> les plantations (toujours au niveau des emplacements)
> les critères de description morphologique qui sont à l’époque associés à la variété   en général et non à une plante en particulier (le pied pilote dans la nouvelle application)
Cette application, réel outil de gestion scrupuleusement mise à jour par le personnel de la Roseraie, a notamment permis de dresser chaque année la liste des variétés par plate bande et de conserver ainsi un historique papier de la composition du jardin.

 

- Mais de nouveaux besoins sont apparus à la fin des années 90 :
> Enrichir la fiche de description variétale
> Intégrer dans l’application le travail de recherche bibliographique entamé depuis plusieurs années
> Gérer les photos des variétés (planche botanique   en particulier) et du jardin. Besoin qui peut être satisfait grâce à l’arrivée de la photo numérique et à l’augmentation des capacités de stockage sur disque.
> Gérer les plantations au niveau le plus précis (la place et le pied qui l’occupe)
> Associer la description morphologique à un pied représentatif de la variété   : le pied pilote.
> Disposer d’un système permettant d’interroger facilement les données
> Travailler sur plusieurs postes en réseau
Ces besoins ont conduits au développement en 2006 d’une nouvelle application baptisée « Roseraie » cf L’Application de gestion de la Roseraie