Le pouvoir olfactif des roses

Selon la mythologie grecque, la déesse des fleurs Chloris (Flora chez les Romains), créa la première rose à partir du corps sans vie d’une nymphe.
D’autres divinités sensibles à le fleur lui ajoutèrent quelques qualités : Aphrodite, déesse de l’amour, lui donna la beauté ; Dionysos, dieu du vin, y déposa le nectar d’où la fleur tire son enivrant parfum, et les trois Grâces lui conférèrent charme, éclat et joie. Enfin, Apollon, dieu de la beauté et des arts, la couronna reine des fleurs.

 

Les nouvelles techniques d’hybridation   des roses ont permis aux obtenteurs, dès le XIXème siècle, de créer des formes de fleurs nouvelles et des couleurs toujours plus éclatantes… Mais ces créateurs ont oublié le parfum !
A partir du XXème siècle, des recherches sont lancées pour obtenir des roses aux senteurs délicieuses.

En 1901, Jules Gravereaux est lui-même chargé par le ministre de l’Agriculture Albert Viger, d’une mission sur les roses à parfum dans les Balkans. Comment fabriquer de l’essence de roses en France et lutter contre la concurrence bulgare ? Après une étude sur le terrain pour étudier leurs méthodes de culture bulgares et la réalisation d’un premier rapport, Gravereaux rentre en France avec deux objectifs : obtenir par hybridation   de nouvelles roses à parfum et perfectionner les procédés de distillation. Quatre ans sont consacrés à cette activité au sein du Pavillon normand transformé en laboratoire d’essai.

Le laboratoire d'essai des produits odorants

 


Rose à parfum de L’Haÿ.

Portant son choix sur les hybrides de Rosa rugosa, rosier du Japon et du Kamtchatka, rustique, remontants et au parfum prononcé, il obtient une nouvelle variété   délicieusement odorante la « Rose à parfum de L’Haÿ », tandis que le rosiériste Cochet-Cochet, associé à ces recherches, crée une variété   voisine, la rose « Roseraie de L’Haÿ ». Jules Gravereaux remet alors au Ministre un second rapport, résultat de ses recherches : les roses à parfum et la fabrication d’essence à la Roseraie de L’Haÿ de 1901 à 1905, préconisant la culture des deux variétés s’avérent les plus rentables. Cependant, son travail ne sera pas repris à plus grande échelle dans un but économique.

 

Toutes ces créations témoignent de la mystérieuse alchimie qui s’opère entre la Roseraie et ses artistes.

 >>> Pour en savoir plus sur le parfum, sa structure, la façon de le sentir... Rendez-vous dans la rubrique Reine des parfums.

 

Aujourd’hui, les créateurs de parfum parcourent la Roseraie en tous sens. Véritable laboratoire vivant en plein air, elle leur offre sa large palette des senteurs les plus subtiles.
Plusieurs « nez » des grands parfumeurs français sont venus bénévolement porter leurs concours à l’élaboration d’un jeu de reconnaissance d’odeurs baptisé « mémolfactif » qui ravit le public.