Un siècle de roses

Vingt deux ans durant, Jules Gravereaux fera preuve de permanence et de modernité dans sa démarche scientifique, à l’exemple de l’amateur éclairé des XVIIIe et XIXe siècles.

Un grand collectionneur

L’objectif annoncé dès 1902 est de réunir toutes les formes du genre   Rosa pour en faire une étude comparative. La priorité est donnée aux roses botaniques, choix original étant donné que Jules Gravereaux constitue une collection de plantes vivantes tandis que les botanistes collectionnaient essentiellement des plantes sèches en herbiers. Pour réunir cette considérable collection, Jules Gravereaux a su se tisser un réseau de relations : aux achats et prélèvements lors de voyages, s’ajoutent les dons et échanges avec des correspondants de tous les pays (Sibérie, Chine, Australie, Japon…) ainsi que les envois des jardins botaniques.

 

Quant à la collection horticole  , elle est encore plus fructueuse, d’autant plus que toutes les obtentions françaises et étrangères de ces années particulièrement fécondes sont introduites à la Roseraie. Le but de cette collection est d’étudier la valeur décorative des rosiers non considérés jusqu’alors comme des arbustes d’ornement, seule la rose étant apprécié à l’époque pour la décoration de la maison.

 

Enfin, Jules Gravereaux travaille à la création de roses nouvelles par hybridation   de types sauvages peu ou pas utilisés, notamment sur les rugueux du Japon et de R. lutea. Il crée ainsi une vingtaine de roses telles que « Mme Ancelot », « Mme Jules Gravereaux »,…

> Voir aussi De la fiche de Gravereaux à la fiche informatique

 

Un savant rhodologue  

De multiples recherches sont lancées dans son jardin d’essai, vaste champ d’expérimentation. C’est là qu’il suit l’évolution des semis  , boutures et jeunes plantes et procède à de nombreuses expériences. Il teste les différents porte-greffes, compare les engrais et les produits de traitements, tente d’influencer, par la taille, la date de floraison des roses et se fait livrer différentes terres afin d’observer le comportement d’une même variété  , « Caroline Testout », dans chacune d’elles !
Son jardin d’essai est ouvert à tous et le résultat de ses travaux largement diffusé, aussi son travail fait-il indéniablement progresser les méthodes de culture.

 

Jardin d’essai (1854)
Attribué à Claude-S. HUGARD (1861- ?)
Encre noire sur papier
H. 0,284 ; L. 0,208

 

Le jardin d'essai et de culture avant 1910

 

 

 

Après Gravereaux, le travail continue…

 

A sa mort en 1916, J.Gravereaux laisse à la postérité une collection aussi riche et soigneusement ordonnée que les connaissances botaniques de l’époque le permettent.

 

De 1916 à 1936, encore propriété de la famille, la Roseraie subit de fortes pertes et est vendue en 1937 au Département de la Seine. C’est le début de la remise en état. Les espèces ayant vraisemblablement subi le moins de pertes sont les roses galliques, très résistantes, et la collection de roses botaniques qui a pu être reconstituée. Les roses et hybrides de thé sont les variétés qui ont souffert le plus du manque d’entretien entre 1926 et 1936 et donc parmi lesquelles il y a le plus de pertes.

 

En 1968, le Département du Val-de-Marne reprend en gestion la Roseraie et continue la remise en état.

 

La Roseraie contient aujourd’hui 2 914 variétés de roses, dont 231 variétés botaniques. Depuis 1916, le patrimoine n’a cessé d’évoluer et la collection actuelle comprend 50 % de variétés créées avant 1916 et 85 % de variétés créées avant 1940.

 

> Voir aussi La Roseraie, un conservatoire

Jules Gravereaux