Jules Gravereaux, son oeuvre

où on s’active beaucoup et où un homme bâtit son œuvre...

 Plan de la proprit Gravereaux en 1893
Plan de la propriété Gravereaux en 1893

M. Gravereaux, de son prénom, Jules, fils d’un menuisier de Vitry-sur-Seine, rentre à 14 ans chez M. et Mme Boucicaut, propriétaire du Bon Marché. Il y fait carrière et… fortune jusqu’à sa retraite à 48 ans. En 1892, il fait l’acquisition d’une propriété à l’Haÿ qui devient alors la maison familiale. Monsieur Gravereaux est un passionné de photo et passe des heures enfermé dans sa maison à développer ses clichés. Souhaitant inciter son mari à sortir profiter du bon air, Madame Gravereaux demande à ce dernier de lui réaliser un jardin. Ainsi, naît l’idée du jardin de roses. En 1894, Jules Gravereaux commence donc sa collection, ses hybridations et études de la reine des fleurs.

Portrait de Jules Gravereaux dans la roseraie de L'Ha 
Charles-Paul RENOUARD (1841-1919)
Portrait de Jules Gravereaux dans la roseraie de L’Haÿ
Huile sur toile
H. 1,29 ; L. 1,745

 

Très vite, devant l’importance de sa collection (quelques 1 600 espèces et variétés de roses) et la difficulté qu’il a à organiser son jardin, Jules Gravereaux décide de faire appel à Edouard André, architecte paysagiste de renom, pour s’occuper de la mise en scène de ce qui deviendra la première roseraie au monde. Nous sommes alors en 1899. 

 

 

Plan en axonomtrie du  jardin de roses  d'Edouard Andr

Plan en axonométrie du « jardin de roses » d’Edouard André, Les roses cultivées à l’Haÿ en 1902

 

La collection de Gravereaux a dicté le plan du « jardin de roses » d’Edouard André. Celui-ci s’inscrit dans un triangle de 2 320 m2 encadré par des tonnelles-pergolas de treillage appelées berceaux de roses.Le centre du jardin est occupé par la « collection particulière » (sélection de 27 roses crées par Gravereaux) elle-même soulignée sur deux côtés par la collection horticole  . La collection botanique   occupe deux longues plates-bandes fermant le troisième côté. Le jardin d’essai s’installe le long d’un côté du « jardin de roses ». Le « jardin de roses » au strict tracé géométrique associe des supports de fer ou de treillage et des éléments décoratifs d’inspiration classique : statues, vases sur colonnes, mobilier de pierre. Le jardin des roses d’Edouard André se révèle un chef d’œuvre de rigueur et d’équilibre prouvant sa maîtrise de la composition.

 

L’amateur devient progressivement un collectionneur aguerri. Sa réputation n’est plus à faire. Il a d’ailleurs déjà acquis une notoriété internationale depuis le début du siècle. Ses travaux sont reconnus et plusieurs titres honorifiques lui sont attribués : Président d’honneur de la Section des roses de la Société Nationale d’Horticulture de France, Président d’honneur de la Société des rosiéristes français, Officier de la Légion d’Honneur, Commandeur du Mérite Agricole. Il est devenu un savant rhodologue  .

 

En 1902, il possède 4 000 variétés de rosiers cultivés et 900 types ou espèces de rosiers sauvages. Il commence alors à agrandir son jardin sans pour autant y apporter de modification : il installe ses collections à l’extrémité du potager. La collection horticole   est classée par section, race et groupe. Quant à la collection botanique  , ses rosiers sont plantés selon la classification Crépin et forment une haie naturelle.

En 1910, il a réalisé son rêve en réunissant toutes les formes du genre   Rosa connues à cette époque : 8 000 types différents, espèces botaniques et variétés horticoles représentées, méthodiquement identifiées et classées.

 

Il lui faut donc réorganiser son jardin : Il confie alors à son fils Henri la mission de dessiner les plans de la Roseraie de 1910, telle qu’on la connaît de nos jours. Le but est d’assurer la liaison entre les différentes parties et de redistribuer les collections du potager.

 

Désormais la Roseraie s’étend sur un hectare et demi et se structure à partir d’un axe de symétrie pavillon/dôme. La Roseraie devient un jardin à thème, celui de la rose : elle conte son histoire, sa géographie, son évolution ; elle se lit à livre ouvert, chacune des 12 allées ou jardins illustrant un chapitre. Ce jardin d’agrément va ainsi marquer par sa vocation décorative et sa collection considérable de roses l’histoire des jardins et celle de la rhodologie. Cf notre rubrique Un jardin historique.

 

 Plan de la Roseraie de 1910
Plan de la Roseraie de 1910